Éco-conception
Prioriser un design environnemental

AFPA Gap

Pourquoi favoriser
un site web Low-Tech

Pour commencer, Internet utilise déjà trois fois plus d'énergie que toutes les sources d'énergie éolienne et solaire dans le monde peuvent en fournir. En outre, la fabrication et le remplacement régulier de centrales électriques renouvelables nécessitent également de l'énergie , ce qui signifie que si le trafic de données continue de croître, l'utilisation de combustibles fossiles en fera autant.

La croissance du trafic de données dépasse les progrès de l'efficacité énergétique (l'énergie nécessaire pour transférer 1 mégaoctet de données sur Internet), ce qui entraîne une consommation d'énergie de plus en plus importante.

De plus, les sites web plus lourds ou plus grands augmentent non seulement la consommation d'énergie dans l'infrastructure réseau, mais ils raccourcissent également la durée de vie des ordinateurs. Les sites Web plus grands nécessitent des ordinateurs plus puissants pour y accéder. Cela signifie qu'il faut fabriquer plus d'ordinateurs, ce qui est un processus très énergivore.

Un effet positif d’un design plus sobre est l’accessibilité technique, car l’accès aux services numériques s’ouvre à beaucoup plus de terminaux (ordinateur et téléphone intelligent plus désuet) et s’adapte à une plus grande variété de réseaux de télécommunication (3G et 4G par exemple). L'impact environnemental de la transition numérique devient gérable si elle est plus sobre. On peut s'appuyer sur l'existant pour freiner l'augmentation de la consommation énergétique et essayer de stabiliser les émissions de gaz à effet de sert.

Les sites web deviennent de plus en plus lourds. La consommation d'énergie croissante d'Internet est associée à deux tendances. Premièrement, le contenu est de plus en plus gourmand en ressources. Cela a beaucoup à voir avec l'importance croissante de la vidéo, mais une tendance similaire peut être observée parmi les sites Web. On vise davantage vers des interfaces fortes en animation, par exemple.

Depuis 2020, il y a plus de 4,5 milliards d’internautes dans le monde. Avec les avancées fulgurantes des téléphones intelligents, il y a un plus grand nombre d’utilisateurs d’Internet mobile que d’utilisateur d’ordinateurs portables. D’ici 2021, les vidéos sur internet représenteront plus de 82% du trafic internet mondial. Un utilisateur passe en moyenne 88% de temps sur un site web avec vidéo (la popularité des podcasts vidéo, de YouTube, Netflix, etc.). Finalement, il y a actuellement plus de 333 millions de domaines enregistrés.

Toujours connecté

Une deuxième raison de l'augmentation de la consommation d'énergie sur Internet est que nous passons de plus en plus de temps en ligne. Avant l'arrivée des appareils informatiques portables et de l'accès au réseau sans fil, nous n'étions connectés au réseau que lorsque nous avions accès à un ordinateur de bureau au bureau, à la maison ou à la bibliothèque. Nous vivons maintenant dans un monde dans lequel où que nous soyons, nous sommes toujours en ligne.

L’ordinateur

La technologie de nos appareils électroniques évolue de façon astronomique. La maximisation de son usage, sa réparation, sa maintenance et son réemploi devient alors une question majeure dans un contexte de crise environnementale où l’approvisionnement en énergie et en matières premières évolue de façon critique.

Serveur

Pourquoi réduire l’impact environnemental
du web?

Les services en ligne contribuent au phénomène de l’obsolescence programmée en obligeant les usagers à changer d’ordinateur et de téléphone intelligent, alors qu’ils sont parfaitement fonctionnels, mais plus assez puissants pour afficher des pages, toujours plus lourdes et mal conçues.

Pour réduire l’empreinte environnementale des sites Web et des services en ligne, il faut examiner l’infrastructure physique du Web pour identifier les principales sources d’impact.

Bien qu’une grosse partie des impacts ait lieu chez les internautes, les éditeurs de sites Web et de services en ligne demeurant les principaux concernés. Ce sont eux en fait qui sont les principaux concernés à même lutter contre le phénomène d’obsolescence programmée en proposant des sites et des services en ligne nécessitant peu de ressources tels que: mémoire vive, bande passante, etc. Pour fonctionner. En réduisant cette empreinte technique, les éditeurs de sites Web et de services en ligne aident alors les usagers à conserver plus longtemps leur équipement technologique (ordinateur, portable, téléphone intelligent, tablettes, etc.) et les centres de données à pérenniser leurs serveurs. Ce geste est le plus efficace pour réduire les impacts des usagers.

Cette prise de conscience nous permet de réduire en priorité l’empreinte technique, c’est-à-dire la qualité de ressources informatiques physiques (hardware, mémoire vive, processeur, carte graphique, bande passante, etc., nécessaires au fonctionnement du site ou du service en ligne, tant du côté des internautes que du réseau et des centres informatiques.

04 éléments importants

Quatre éléments jouent un rôle important dans la dynamique de la répartition des impacts et de l’empreinte technique d’un site web:

01. Le type de terminal utilisé: ordinateur fixe, portable, tablette, téléphone intelligent, console de jeux, télévision connectée, etc. et la taille de l’écran associé.
02. La durée de vie du terminal (et des serveurs).
03. Le temps passé par l’utilisateur sur un site Web ou encore un service en ligne.
04. Le type de connexion: filaire ou mobile (avec connexion ou sans connexion).

Service numérique ou logiciel?

Pour parvenir à une bonne éco-conception Web, il faut intervenir à chaque étape du cycle de vie du site Web; expression du besoin, conception fonctionnelle maquettage, conception graphique, conception technique, réalisation (développement, intégration, etc.) hébergement, etc.

L’éco-conception vise à réduire des impacts environnementaux à service rendu équivalent. Seuls les matériels hardware ont un impact environnemental direct, car les logiciels, software, n’existent pas dans le monde réel. Il n’est pas possible d’éco-concevoir un logiciel seul, c’est-à-dire sans prendre en compte tous les équipements qui le matérialisent. Un logiciel ne fonctionne (majoritairement) pas seul, il a besoin d’autres logiciels pour fonctionner.

Où porter l’effort dans un site web?

Plus on éco-conçoit tôt dans le cycle de conception et plus les leviers sont importants. 80% des gains ont lieu avant et après l’écriture du code. Ce qu’il faut savoir c’est que plus on intervient tôt (lors du maquettage) plus l’effet de levier est fort en termes de réduction de l’empreinte environnementale. 80% des fonctionnalités demandées par les usagers ne sont jamais ou rarement utilisées.

Ce qu’il faut comprendre c’est que le travail de conception réalisé en amont aura un impact important dans l’optimisation des lignes de codes. Il faut alors considérer l’expression du besoin, la définition de couverture fonctionnelle et sa quantification précise comme les étapes critiques de la démarche de l’éco-conception, même si elles sont difficiles à quantifier, ces étapes constituent aux plus gros bassins d’économies, tant en matière d’impact environnemental qu’économiques.

Hopital Gap

Les 03 aspects de l’éco-conception numérique

C’est trois principes poussent à adopter une posture de sobriété numérique, bien efficace pour réduire l’empreinte environnementale d’un site web.

01. La simplicité
02. La frugalité
03. La pertinence

01. La simplicité

Le principe de simplicité est que chaque besoin exprimé est couvert par un ensemble cohérent de fonctionnalités regroupées dans une seule interface. On s’intéresse par l’organisation des fonctionnalités de l’application ou du site Web. C’est une démarque qui se dit qualitative. L’objectif est de simplifier le service numérique pour éviter les usines à gaz. La simplicité de l’interface utilisateur réduit alors l’effort pour utiliser le service numérique. On rejoint donc les démarches d’expériences utilisateur (UX).

02. La frugalité

La frugalité consiste à limiter la couverture et la profondeur fonctionnelle à leur strict minimum. C’est une démarche qui se dit quantitative. On n’est plus dans l’organisation des fonctions, mais bien dans leur quantification. Par exemple, le nombre d’éléments affichés dans une liste doit être réduit au minimum, le taux de compression des images et le temps de réponse de l’application se limiter à ce qui est acceptable par l’utilisateur, etc. On évite la surqualité qui a un coût élevé: infrastructure, coût opérationnel, dette technique, impacts environnementaux, etc.

03. La pertinence

Le principe de pertinence peut être traduit par l’équation suivante: Pertinence = utilité x rapidités x accessibilités. Un résultat est très utile, mais nécessite un temps d’attente trop long, l’utilisateur ne sera pas satisfait. Inversement, si un résultat est fourni rapidement, mais n’est pas utilisable (parce que la réponse est faiblement reliée à la question initiale, ou que l’interface est trop complexe par exemple), il ne satisfera pas l’utilisateur. Peu importe la raison, une interaction non pertinente oblige souvent l’internaute à refaire la manipulation ailleurs. On est donc devant une problématique de 100% octets inutiles…

Archive la Presse

Une démarche qui ne se limite pas à l’environnement

L’idée d’éco-concevoir des sites Internet et des services en lignes s’inscrit dans une démarche plus large de conception responsable de service numérique. La conception responsable répond aux trois enjeux du développement durable:

+ Prévention de l’environnement
+ Augmentation de l’équité sociale
+ Plus grande performance numérique

Sources

Site Web et livre,
Low Tech Magazine.
https://solar.lowtechmagazine.com/fr

Frederic Bordage, livre, 3e Édition.
Écoconception web, les 15 bonnes pratiques. Doper son site et réduire son empreinte écologique.